Histoire

page_accueil_2On ne peut pas évoquer l’histoire de Mont-sous-Vaudrey sans parler des Seigneurs de Vaudrey.

C’était aux environs de l’an 900 ou 1000… Quelques dizaines de forestiers avec leurs familles à travers les forêts profondes du Jura recherchent des terres plus aisément cultivables. Etaient-ils des Burgondes de la transjurane (côté suisse) ou des Savoyards, nul ne le sait. Traversant la profonde forêt appelée aujourd’hui « de Choiseul » qui couvrait l’emplacement actuel des villages de La Ferté, Aumont, Villers-les-Bois, Villers-Robert, Bans, Souvans et Nevy, ils longent le cours de l’Hameçon et arrivent sur la rive gauche de la Cuisance, là où s’arrête la forêt, et où commence sur la rive droite la plaine alluvionnaire, formée des dépôts de la Loue et qui après quelques travaux s’annonce riche et fertile.

Là ils se partagent en deux, le groupe le plus important, avec le chef, sur la rive droite de l’Hameçon, où ils forment Vaudrey. Quelques autres s’établissent sur la rive gauche. Ces derniers bâtissent leurs huttes le long de l’Hameçon sur le flanc de la petite colline qui surplombe la rivière. Rapidement ils défrichent et arasent le sommet de la colline pour y construire une chapelle. Ce qui nous permet de dater cette double fondation, c’est que Vaudrey signifie « Val-droit » dans le patois local issu de la langue romane, (cette langue n’existe que depuis le IXe S) . D’autre part un document datant de 1111, rédigé par Guillaume d’Arguel évêque de Besançon donne à cette date la modeste chapelle de Mont à la cathédrale St-Etienne de Besançon. Le lieu s’appelle alors « Capella de Mons ». Plus tard on dira simplement « Mons ». Enfin au XVIème s. Mont-sur-Vaudrey ou Mont d’sus Vaudrey. Mais une déformation du patois local qui conduisait à prononcer le U en OU, à la germanique, cela devint Mont d’sous Vaudrey, puis Mont-sous-Vaudrey pour la période moderne. Dès 1180 on cite l’existence d’un château fort à Vaudrey, ce qui nous fait une heureuse transition pour parler des Seigneurs de Vaudrey et de ceux de Mont qui en descendent.

La maison de Vaudrey :

La maison de Vaudrey est une branche de celle de Thoire (actuellement Thoirette), situé en Bugey au nord de Nantua. Vers 1137 les Thoire sont déjà Seigneurs de Vaudrey et installés dans la région d’Arbois. Les Thoire s’intéressent aux moulins, seule forme d’énergie mécanique disponible à l’époque et qui rapportent de fortes taxes. Ils deviennent propriétaires d’importants territoires dans la région. En 1180 Aymon de Thoire a des différents avec les moines de Rosières, à propos de l’usage dans ses forêts. Ses fils Hugues et Gui pillent les terres de l’abbaye, maltraitent l’abbé, le ramènent sur leurs chevaux et l’emprisonnent dans le Château de Vaudrey. Ils sont pour cela excommuniés par l’archevêque de Besançon.

Le conflit s’apaise en 1191. C’est à cette époque que les Thoire changent leur nom pour emprunter celui de « Vaudrey », leur blason portant la devise tiroirs « J’ai valu, vaux et vaudrai ». Les Seigneurs de Vaudrey font hommage de leurs biens à Jean de Chalon et à Mahaut d’Artois. Puis en 1316 ils vendent leur moitié de la Seigneurie d’Arbois à Mahaut. Jusqu’à la fin du XIIIème Mont-sous-Vaudrey était un fief mouvant des Seigneurs de Vaudrey. C’est à cette époque qu’il devient une seigneurerie indépendante, quand Gui de Vaudrey le confie à son quatrième fils Simon. Celui-ci construit le Château de Mont situé sur une petite butte peut être artificielle sur la rive gauche de la Cuisance (lieu-dit au vieux château, emplacement du chalet situé derrière la salle Sarlin). Derrière ce chalet des fossés sont encore visibles). Ce château est entouré de murs avec quatre tours d’angle, et protégé par des fossés. Il est détruit par Charles d’Amboise, général de Louis XI en 1480 , et non reconstruit.

Simon dépose son testament en 1319, et est enterré en l’église de Vaudrey. C’est sans doute lui qui autorisa, moyennant redevance annuelle, à quelques familles juives, banquiers venant de Poligny de s’installer au village. Ces familles restent jusqu’en 1374, date à laquelle elles sont chassées, par ordre comtal. Il reste aujourd’hui, côté Bans de la route du Deschaux, face à la route du cimetière, un lieu-dit « Cimetière des Juifs » où ils étaient enterrés, (car seuls les catholiques étaient enterrés autour de l’ancienne église de Mont).

Le fils de Simon s’appelle Jean, c’est lui qui divise par testament en 1341 la seigneurie de Mont en trois parties. Cette situation perdure jusque vers 1550, date où Guiot Seigneur de Mont prête allégeance au roi de France. Charles Quint le prive de tous ses droits et il meurt sans héritiers en 1559. C’est un lointain cousin de la Branche de Beveuge Jean de Vaudrey récupère le fief. Les Seigneurs de Vaudrey donnent eux aussi naissance à trois branches qui possèdent de nombreux fiefs en Franche Comté, le dernier d’entre eux Claude Antoine, Seigneur de Beveuge, s’éteint en 1785 juste avant la Révolution. Pour la Seigneurerie de Mont, Jean de Vaudrey la lègue à un de ses parents Guillaume de Montrond. C’est son fils Antoine de Montrond qui vers 1580 fait construire le modeste Château Gaillard (la partie longeant la route de Belmont . Adrien de Montrond fils d’Antoine, qui n’a pas d’héritiers lègue la Seigneurie de Mont à sa femme Louise de Lezay originaire d’une famille noble du Grandvaux. La famille de Lezay vend la Seigneurerie de Mont à Etienne Domet avocat général à la Chambre des Comptes de Dole. Il est aussi propriétaire de la Seigneurerie de Vellefaux.

Donc la Seigneurerie de Mont se reconstitue. Etienne Domet a quatre fils. Le château Gaillard se trouve trop exigu pour loger tout ce petit monde. C’est pourquoi il choisit de construire un second édifice « La Grangerie » sur la route d’Arbois aux limites du village. Les Domet prennent alors le nom de « Domet de Mont » et il existe encore de descendants de cette famille. Après la Révolution en 1792 deux des fils s’étant exilés, leurs biens sont confisqués et vendus comme Biens Nationaux. C’est Nicolas le grand père de Jules Grévy qui bien plus tard devient propriétaire de « La Grangerie ». La famille Domet rachète en sous main le Château Gaillard qu’elle conserve jusqu’en 1820, date à laquelle elle l’a revend au Vicomte Boutechoux de Chavannes, maire de Mont à l’époque. Vers 1870 la famille Boutechoux de Chavannes qui possède aussi le Château et le vignoble de Montigny les Arsures le vend à Jules Grévy alors Président de l’Assemblée Nationale. Jules Grévy à cette époque agrandit considérablement le parc. Et en 1907 son gendre Wilson construit l’aile gauche donnant sur la rue Bernard.

René Caron

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